Introduction
En cette journée dédiée au patriotisme dans notre pays, PARCEM voudrait lancer un message fort au peuple Burundais sur le noble principe du patriotisme.
Le Principe du Patriotisme
PARCEM indique que le principe de patriotisme d’aimer son pays est noble. Mais le problème est que beaucoup d’entre nous confonde la nation et les régimes en place. On peut avoir des problèmes avec un régime en place dans un pays mais ça ne veut pas dire qu’on n’aime pas son pays.
Tous les Burundais normalement aiment leur pays mais certains peuvent avoir des différends avec l’administration en place et cela restera comme ça même dans l’avenir. Même dans le passé, il y a eu des Burundais qui avaient des différends avec l’administration en place mais ils pouvaient rentrer et continuer à exercer leurs activités en toute sécurité.
Pour certains esprits égarés, on considère qu’aimer son pays c’est être au pouvoir, or on peut être au pouvoir et mal gérer son pays en détournant des deniers publics, en commettant des graves violations des droits humains, …
Il faut qu’il y ait un discernement par rapport au principe de patriotisme car il y a une confusion qui risque même de produire des effets néfastes au lieu de générer une dynamique d’espoir dans notre pays par rapport à la cohésion nationale.
Dans notre pays par exemple, il y a eu des héros comme le prince Louis RWAGASORE et Melchior NDADAYE qui ont manifesté un patriotisme. Il ne faut pas confondre le manque de patriotisme et le fait d’être dans l’opposition.
Même au lendemain de sa victoire, le Prince Louis RWAGASORE a déclaré que le pays a besoin de tous les Burundais et a découragé les membres de l’UPRONA qui voulaient se lancer aux abus à l’endroit de ceux qui venaient de perdre les élections.
Introduction
La CENI a annoncée qu’elle va contrôler la nomination des journalistes qui pourront avoir le privilège de faire la couverture médiatique des élections le jour du scrutin le 05/06/2025. Pour ce PARCEM a sorti une analyse pour exprimer ses inquiétudes sur la couverture médiatique des élections du 05/06/2025.
Le rôle de la Presse dans la transparence électorale
PARCEM voudrait d’abord rappeler le rôle fondamental de la presse pour le renforcement de la transparence électorale. On ne peut pas parler de renforcement de transparence électorale digne de ce nom sans une presse libre et indépendante, qui a le pouvoir de jouer son rôle dans la liberté totale.
Les journalistes devraient arriver plutôt partout de par leurs moyens ou leurs cartes de presse. La permission du journaliste pour couvrir un évènement est la carte de la presse, du moins pour un journaliste Burundais, mais il peut y avoir d’autres exigences pour les journalistes étrangers.
Les journalistes sont des observateurs parmi d’autres, par ailleurs des observateurs par excellence car eux ils ont une valeur ajoutée parce qu’ils peuvent communiquer aux citoyens le déroulement des élections pendant la journée du scrutin. Chaque évènement ou incident peut être communiqué et porté à l’opinion nationale et internationale. Cela peut décourager ceux qui veulent commettre des abus pendant le jour du scrutin.
Chaque bureau de vote est indépendant car c’est le centre où se déroule le comptage des voix en présence des observateurs, des mandataires et des journalistes dans la transparence, et la signature du PV dont le contenu peut être porté à l’opinion par le biais des journalistes. C’est l’acte fondamental pour le renforcement de la transparence.
C’est incompréhensible que la CENI se donne le privilège du choix des journalistes qui vont prester le jour de l’élection. Le rôle des institutions est séparé, il y a le Conseil National de la Communication et le Gouvernement, la CENI n’a qu’à jouer son rôle de préparer techniquement les élections, ce n’est pas à elle de choisir ou d’interdire tel ou autre journaliste. Ce comportement de la CENI montre qu’il y a anguille sous roche par rapport au niveau de la transparence.
Il faut rappeler que l’exemplarité d’une élection transparente date de 2005. Les élections de 2005 avaient été caractérisées par une transparence notoire, réelle et visible, on se souvient que chaque bureau de vote pouvait communiquer les résultats à l’instant même pour permettre à la population de suivre le déroulement du scrutin et barrer la route aux tricheurs qui pourraient au moment de la compilation détourner les résultats en communiquant les chiffres par exemple erronés.
Le contexte de la pénurie du carburant pourra bloquer l’arrivée des observateurs et des journalistes sur le terrain. Il faudrait que ce problème soit résolu, on avait promis de le résoudre avant la campagne électorale mais la promesse n’a pas été tenue.
Si on continue à organiser des processus électoraux dans l’opacité alors qu’il y a des problèmes criants qui hantent la population, cela va prouver qu’il y a une tendance de la part des décideurs politiques de se maintenir au pouvoir alors que leurs capacités de relever les défis sont assez limitées, ce qui pourra renforcer les frustrations.
Le Ministère des Finances, du budget et de la planification économique a publié un rapport provisoire sur l’état de la dette et les arriérés envers les collectivités locales sur les prêts accordés aux coopératives Sangwe, des montants non remboursés y sont signalés (plus de 5Milliards de BIF). Pour PARCEM, Cela a des conséquences sur la situation économique une fois cette dette reste impayée.
En effet, si cette dette est impayée, elle joue directement sur l’augmentation de la masse monétaire alors qu’il n’y a pas de contrepartie en valeur réelle qui est créée au niveau de l’économie réelle, c'est-à-dire au niveau de la production des biens et services ou au niveau de la valeur ajoutée dans l’économie. Cela a des effets inflationnistes néfastes du fait que ça alimente l’inflation.
Dans les rapports de la banque centrale on a pu constater que parmi les causes de l’inflation actuelle il y a l’augmentation de la masse monétaire. Là où le bât blesse, c’est que ce sont des fonds publics, donc l’argent du contribuable qui devrait financer par exemple la construction des infrastructures publiques, soutenir la production surtout en milieu rural, etc., soit sous forme de subvention ou de crédit ; on constate alors que si cette dette n’est pas payée c’est déjà une perte comme c’est de l’argent du contribuable.
Il sera difficile à ces coopératives de rembourser cette dette du fait que :
Ces coopératives ont été créées pour des mobiles politiques, elles sont largement encadrées par des hommes politiques « hauts cadres de l’Etat ». Et c’est le parti au pouvoir qui est l’initiateur de ces coopératives et qui se montre actuellement à l’encadrement de ces coopératives au lieu que ça soit l’administration publique en bonne et due forme. Dans ce cas, même la personnalité de ces coopératives est mise en cause, elle est presque inexistante.
Ces coopératives manquent de gestion professionnelle « tenue de comptabilité ; gestion financière pour indiquer comment différencier le profit, les dettes et leur remboursement, les charges à couvrir, etc. ».
Ces crédits n’ont pas été accordés de façon professionnelle parce qu’ils ne tiennent pas compte de la rentabilité de l’activité financée, ce qui veut dire qu’on a considéré seules des valeurs subjectives et / ou politiques.
Normalement le remboursement d’une dette contractée surgit quand on prévoit une conséquence fâcheuse si l’on ne le rembourse pas. Mais dans le cas-ci, comme ce sont des coopératives à mobiles politiques, il leur est facile de ne pas s’engager au remboursement, surtout même qu’on entend ici et là des cas de détournement qui sont devenus monnaie courante au sein de ces coopératives et dans l’impunité totale.
Les recommandations de PARCEM
L’état devrait changer le cours. Il devrait laisser les coopératives travailler d’abord et être contrôlées par les coopérateurs « membres des coopératives » avec un objectif précis bien identifié et accéder aux crédits à travers les institutions financières classiques.
Le gouvernement devrait intervenir par l’intermédiaire des fonds déposés comme garantis dans ces institutions qui donnent des crédits, de façon, classique pour financer ces coopératives.
Lesdites coopératives devraient avoir une personnalité juridique connue pour qu’elles soient responsables de leurs actes une fois elles ne parviennent pas à rembourser les dettes contractées, sinon ça causera toujours un tort à l’économie surtout au niveau du budget national.
Au moment où la Banque Mondiale organise un atelier sur la relance du Secteur Minier au Burundi, PARCEM a sorti une analyse en rapport avec les défis qui hantent ce secteur au Burundi.
La Situation du Secteur Minier au niveau Mondial
Dans son analyse PARCEM estime que le secteur minier joue un rôle important dans le développement économique des pays qui savent organiser ce secteur. Cependant, ce secteur reste miner par des problèmes communs et généraux comme par exemple le commerce entre les pays du nord et ceux du sud.
Les pays du nord développés veulent exploiter les minerais des pays pauvres du sud en voie de développement sur un prix dérisoire et exporter les produits découlant de l’exploitation de ces minerais à un prix exorbitant, ce qu’on appelle « la détérioration des termes de l’échange ».
Le Secteur Minier reste également miner par la corruption liée à la collusion entre les hommes politiques décideurs et les entreprises qui exploitent les minerais (les entreprises, les industries extractives). Cette collusion s’est installée notamment dans le financement électoral qui fait le lit de l’enrichissement illicite des dirigeants.
Les défis qui hantent le Secteur Minier au Burundi
Parmi les défis qui hantent le secteur minier au Burundi, on peut évoquer notamment :
- La faible contribution du secteur minier au PIB (1% du PIB) ;
- L’absence de la traçabilité des recettes budgétaires et des recettes en devises ;
- La faible capacité technique (manque de moyens suffisants) du laboratoire de l’OBM ;
- Le manque du personnel qualifié pour faire des analyses de qualité ;
- Le manque de coordination entre les institutions notamment le Ministère de l’Energie et Mines, le Ministère des Finances, la Banque Centrale, le Ministère du Commerce et de l’Industrie, l’OBR pour que la traçabilité des minerais vendus soient une réalité ;
- La méconnaissance des réserves de minerais dont dispose le Burundi ;
- Les faibles moyens de construire des infrastructures de soutien des exploitations minière notamment l’énergie.
Les Recommandations de PARCEM
PARCEM estime que pour relever ces défis qui hantent le secteur minier au Burundi il faut que:
- La volonté politique de la part des décideurs politiques soit effective car il est nécessaire de casser la collusion entre les hommes politiques décideurs et les propriétaires des industries extractives des minerais.
- Les lois comme le code minier, le code des marchés publics, le code des investissements, les politiques minières soient suivies au niveau de la mise en application car on remarque un comportement de faire fi du contenu de ces documents pour asseoir une corruption dans la gestion du secteur minier.
- Le cadre légal actuel soit complet par les textes d’application car on remarque qu’il y a plusieurs articles qui nécessitent des textes d’application pour que le contenu du code minier actuel soit complet au niveau de l’orientation et au niveau de la gestion du secteur minier.
- L’investissement dans le traitement de base soit une réalité en évitant l’exportation brute des minerais car plusieurs pays en voie de développement commencent à faire d’abord un traitement de base pour créer une valeur ajoutée des minerais qu’ils exportent à l’extérieur. Cela exige un investissement dans les infrastructures comme l’énergie et le transport.
- La stratégie de transparence de lutte contre la corruption à partir de l’analyse des failles du passé soit réalisé en établissant les responsabilités des uns et des autres, parce que le Gouvernement a opté pour la rupture de certains contrats qui liaient ce dernier et certaines entreprises de l’extérieur qui exploitaient les minerais.
- Le renforcement du service de l’autorité de régulation minier soit réalisé pour que ce service appui l’Etat puisque l’autorité de régulation minier sera un service qui a des compétences techniques pour appuyer le Gouvernement dans l’orientation de la gestion du secteur minier.
- L’évaluation régulière de la contribution du secteur minier dans le développement soit effective à partir des études régulières.
- L’assainissement de l’environnement des affaires soit établi pour appuyer le secteur de l’exportation car il y a plusieurs problèmes macro-économiques liés à la situation de change qui limitent l’investissement dans ce secteur. Le Gouvernement doit asseoir un environnement des affaires digne de ce nom.
- L’adhésion du Burundi à l’ITIE (Initiative de Transparence des Industries Extractives) soit effective. C’est une maison internationale qui accompagne les pays en voie de développement au niveau de la signature des contrats pour signer des contrats équilibrés, pour renforcer la transparence en obligeant les entreprises et les Gouvernements à publier ce qu’ils ont reçu pour voir réellement si les recettes découlant de ces minerais sont des recettes valables par rapport l’exploitation minière.
L’ITIE accompagne les pays en voie de développement à tous les niveaux et toutes les étapes comme la prospection, la recherche, l’exploitation, la transparence dans la signature des contrats et dans le choix de l’entreprise extractive. L’ITIE devrait assister les pays en voie de développement parce que maintes fois ces derniers signent des contrats des conventions d’exploitation biaisés, déséquilibrés et après ils rompent ces contrats avec des conséquences maintes fois lucratifs. Le Gouvernement du Burundi devrait adhérer à l’ITIE.