Récemment lors d’une séance plénière au Sénat du Burundi, le Président de ce dernier a recommandé au Ministre en charge de l’Education d’arrêter le favoritisme dans l’attribution des bourses d’études, en établissant une liste basée sur les notes obtenues sans considérer la position sociale. Pour ce, PARCEM a sorti son analyse sur l’octroi des bourses d’études.
L’Education comme pilier fondamental pour l’aboutissement de la vision 2040/2060
PARCEM soutient la suggestion du Président du Sénat par rapport à l’octroi des bourses d’études aux étudiants car l’éducation est un pilier fondamental pour l’aboutissement à la vision 2040/2060. L’expertise et l’intelligence doivent être mis en avant parce qu’on ne peut pas mettre en application une vision sans ressources humaines compétentes.
L’octroi des bourses devrait prendre comme critère objectif l’excellence, la note obtenue par exemple à l’Examen d’Etat. Si on commence à y mettre des critères subjectifs en démocratisant les bourses, on ouvre la porte aux tricheries. Il faut prendre au sérieux ce secteur de l’éducation en essayant de mettre en avant les étudiants les plus intelligents qui ont des talents car un Burundais qui a un talent quelconque est une richesse pour le pays.
Il ne faut pas garder en tête que l’octroi des bourses est une façon d’aider ou de faire des équilibres. Même s’il y aurait un autre critère, l’objectivité tient sur la note obtenue. L’idée du Président du Sénat est fondamentale et a été une bonne suggestion. Le domaine de l’éducation devrait être assaini pour que le pays puisse avoir des ressources humaines compétentes.
Recommandation de PARCEM
Le Gouvernement devrait penser à donner de la valeur à ces lauréats qui ont fait beaucoup d’efforts au niveau des études (par exemple les médecins) notamment à travers le traitement salarial pour les maintenir sur place afin d’aider le pays. Dans ce domaine, même d’autres pays essayent de bien traiter leurs citoyens qui ont fait un effort particulier. Il faut éviter les tricheries autant que faire se peut dans ce secteur pour l’intérêt général.
Très récemment, le Président de la République a déclaré que cette année de 2025 sera une année dédiée à la lutte contre la corruption. Pour ce, PARCEM a sorti une analyse en rapport avec la lutte contre la corruption au Burundi.
La nécessité d’une lutte contre la corruption pour la réalisation de la vision 2040/2060
Dans son analyse, PARCEM salue cette déclaration car on ne peut pas atteindre la vision 2040/2060 sans le renforcement de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. En plus, PARCEM a toujours rappelé que la lutte contre la corruption est un combat or il ne peut y avoir de combat sans un plan de guerre.
PARCEM estime que le Gouvernement devrait élaborer une stratégie nationale de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption évaluable régulièrement qui va fédérer les énergies de tout le monde en orientant ce que chacun devra faire. Les armes de cette guerre sont :
- Le cadre légal et institutionnel amélioré ;
- Les institutions spécialisées et expérimentées comme le Tribunal du Travail ;
- Une justice forte qui pourrait juger les personnes coupables de malversations économiques dans des dossiers qui ne sont pas aujourd’hui poursuivis ;
- Les institutions capables de faire des investigations car si on ne respecte pas la loi dans la lutte contre la corruption, il y a d’autres abus qui sont commis.
Les actions de prévention de la corruption
Pour une lutte contre la corruption efficace, les actions de prévention sont entre autres :
- Une sensibilisation sur les conséquences et la typologie de la corruption ;
- Le renforcement des actions liées à la déclaration des biens ;
- La gestion des incompatibilités et les conflits d’intérêts ;
- La dénonciation citoyenne ;
- Le renforcement de la transparence budgétaire.
Tout cela rentre dans le cadre des actions de prévention mais qui donnent un cadre permettant à ce que la corruption soit combattue avec efficacité.
PARCEM demande alors au Gouvernement de faire un effort car la lutte contre la corruption doit se traduire dans les actes et non pas dans les intentions et dans la moralisation sans une orientation pragmatique et visible.
Depuis un certain temps, on assiste à la nomination des autorités au niveau du secteur judiciaire en l’occurrence les procureurs au niveau provincial et national, les Présidents des tribunaux de grande instance et des Cours d’appel, mais les défis restent les mêmes. Pour ce, PARCEM a sorti son analyse sur ces récentes nominations.
Absence de changement attendu dans le secteur judiciaire du Burundi
PARCEM, estime que le changement attendu dans le secteur judiciaire n’est pas encore une réalité, on dirait qu’il est toujours reporté aux calendes grecques. Le système dans lequel travaillent les autorités du secteur judiciaire n’a pas encore été réformé pour créer ce changement.
PARCEM invite les nouveaux Procureurs ou Présidents des Tribunaux de Grandes Instances qui ont été nommés de faire leurs introspections et de faire leur travail de façon honnête et correct car il est regrettable qu’on assiste toujours à une surpopulation carcérale. Chaque fois, après les mesures de désengorger les prisons le lendemain la surpopulation carcérale est de retour car il y a des Procureurs qui marchandent les arrestations intempestives et la libération des criminels.
Les défis qui hantent le Secteur Judiciaire au Burundi
Il faut que le système dans lequel ces procureurs et les présidents des tribunaux de grandes instances travaillent soit réformé. D’ailleurs, les solutions aux défis qui hantent le secteur judiciaire au Burundi étaient contenues dans les recommandations des états généraux de la justice de 2013. Très récemment, il y a eu une évaluation de ces recommandations des états généraux de 2013, mais on a constaté que la mise en application de ces dernières n’a pas été grande. Autrement dit, il y a toujours des problèmes au niveau :
- De la professionnalisation des magistrats ;
- Des lois qui sont parfois caduques, ce qui offre des opportunités pour faire des abus ;
- Des promotions politisées qui ne tiennent pas sur la compétence des gens et le comportement moral de ceux qui sont nommés d’où il y a une instrumentalisation évidente du Ministère Public et des autres tribunaux ;
- Du traitement et de la logistique dans laquelle travaillent les magistrats qui les exposé à des intimidations et à l’instrumentalisation. Le système judiciaire du Burundi devrait être corrigé dans l’ensemble ;
- De l’absence d’une inspection digne de ce nom pour corriger et veiller à ce que les abus soient réprimés.
Actuellement au Burundi, on constate un manque d’une feuille de route pour orienter les actions de renforcement de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. Pour ce, PARCEM lance un vibrant appel au Gouvernement pour s’engager dans la mise en application des réformes de façon visible au niveau de la lutte contre la corruption, le renforcement du leadership et l’environnement des affaires.
L’état des lieux de la mise en application des réformes et ses conséquences
PARCEM constate que l’état des lieux de corruption et de la gestion de la chose publique suscite des inquiétudes et cela a comme conséquences :
- une mauvaise gestion de peu de ressources dont le pays dispose.
- Le blocage de l’entrée des investisseurs étrangers ainsi que l’apport de leurs capitaux.
- Les bailleurs de fonds qui devraient appuyer le pays affichent maintenant une sorte de réserve évidente.
- La faiblesse institutionnelle qui limite actuellement la mise en application des réformes au niveau des Ministères et au niveau d’exécution des projets.
Recommandations
L’état des lieux de la mise en application de ces réformes est actuellement inquiétant, ces dernières devraient être :
- L’élaboration d’une stratégie nationale de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption en bonne et due forme pour susciter la crédibilité des investisseurs et des bailleurs des fonds. Cette stratégie devrait être évaluée régulièrement. En plus le Fond Monétaire International (FMI) est dans cette logique. Au niveau de sa mise en application, cette stratégie devrait contenir des réformes dans différents secteurs qui constituent des grands piliers de la lutte contre ce grand fléau qui gangrène actuellement le fonctionnement des rouages de l’Etat ;
- L’évaluation du cadre légal et institutionnel à travers les rapports fonctionnels entre les institutions de lutte contre la corruption que sont : la police, les parquets, les institutions judiciaires, la Cour des comptes, l’inspection générale de l’Etat. Ces institutions actuellement n’affichent même pas une force et une cohérence au niveau de cette lutte. La répression judiciaire des dossiers de corruption est actuellement reléguée au second plan. En effet, il n’y a pas eu des poursuites judiciaires pour des dossiers d’infractions alors qu’il y avait des indices sérieux de culpabilité de la part de leurs auteurs ;
- La sensibilisation aux infractions connexes à la corruption notamment le détournement, la concussion, l’enrichissement illicite, le favoritisme dans la passation des marchés publics ;
- La déclaration des biens des mandataires publics au niveau de la prévention n’est pas encore une réalité ;
- La gestion des incompatibilités dans l’administration ;
- Le contrôle budgétaire, le suivi-évaluation des projets ;
- La systématisation de contrôle dans les services de l’Etat notamment les Ministères ;
- L’assainissement du climat politique.
- Le renforcement de la cohésion nationale et sociale pour que l’image du pays soit améliorée vis-à-vis des partenaires potentiels.
L’impunité des dossiers de corruption continue à susciter des inquiétudes, il y a des dossiers qui ont été évoqués au niveau du Ministère des Finances, au niveau de la Banque Centrale avec la gestion des devises, la construction du barrage de Mpanda, les récents dossiers au niveau de la Fonction publique. La justice a été mise à l’écart, elle n’a plus de forces pour sévir contre ce fléau or les bailleurs potentiels comme la Banque Mondiale, la Banque Africaine pour le Développement et le Fond Monétaire International (FMI) dans ce cas limitent même les appuis financiers qu’ils accordent à notre pays.
Le Fond Monétaire International (FMI) est en train de veiller aux réformes macro-économiques et de gouvernance, il faut que le Gouvernement s’engage dans la stratégie de lutte contre la corruption pour prouver sa volonté à assainir cette situation au niveau macroéconomique et des infrastructures. C’est dans cette logique même qu’on pourra profiter des opportunités liées à l’adhésion dans les organisations d’intégration régionales comme le COMESA et l’Est-Africa Community.
Maintenant, nous sommes dans une situation où même les exportations du café sont en berne, il faut s’ouvrir pour créer d’autres canaux d’approvisionnement du pays en devises nécessaires pour que le pays ait des moyens de paiement lui permettant de s’engager dans la réalisation des projets de développement au niveau des infrastructures qui pourront créer une base solide même au niveau de l’environnement des affaires d’une part et d’autres part faire face aux crises d’approvisionnement du pays en produits de première nécessité.
Pour renforcer les institutions publiques et palier aux problèmes d’incompétence, il faut faire recours aux experts nationaux voire même internationaux. Si non ce constat de faiblesse de mise en application des réformes dans les institutions comme les Ministères, de la non-exécution efficace des projets de développement prouve chez les bailleurs de fond que le Burundi n’a pas encore de moyens pour gérer des situations économiques ou des projets qui doivent mobiliser beaucoup d’argent.